La création après un burn-out

Nouveau portrait.

Merci beaucoup à Stéphanie d’avoir accepté mon invitation à témoigner.

Voilà le portrait d’une jeune femme qui a su se faire confiance! Bravo!

Belle découverte!


 

Parle-nous de toi, qui es-tu ?

Stéphanie JEAN-MARIE, j’ai 31 ans, en couple depuis 11 ans, sans enfant (enfin… j’ai un chat, c’est mon premier bébé!). Je suis originaire de la Martinique, d’un village de pêcheur qui s’appelle Sainte-Luce. J’ai passé toute mon enfance là-bas avec toute ma famille, jusqu’à mes 20 ans.

Très bavarde et curieuse des autres, j’adore prendre le temps de discuter. J’aime apprendre des autres, car les gens m’inspirent. Je trouve les êtres humains incroyablement riches en émotions, en expériences, en créativité, en amour… Riches de tout !

Je suis passionnée par la mode et le bien-être intérieur. Je pense sincèrement que les deux peuvent aller de paire. Lorsqu’on se sent bien dans son corps et dans sa tête, on rayonne. Et surtout, on n’a aucun problème pour trouver des habits et porter des pièces qui nous valorisent.

Mes valeurs sont ancrées en moi depuis petite, comme faisant partie de mon code génétique : compassion, écoute, partage, respect. Ce ne sont pas des valeurs inculquées par mes parents. Si je devais les écouter ça serait plutôt : famille, travail, honnêteté. Cela ne veut pas dire que je n’aime pas ma famille (ou que je n’en veux pas une), que je ne bosse pas et que je suis malhonnête. C’est juste que je me définis autrement 🙂

Quel(s) diplôme(s) possèdes-tu aujourd’hui? Comment s’est déroulé ton parcours scolaire ?

En Martinique, j’ai fait la plus grande partie de mes études. Mon parcours scolaire a été plutôt moyen, si l’on en croit mes professeurs. De mon point de vue, je m’en suis plutôt bien sortie.

Lorsqu’on me demandait au collège les études que je voulais faire, je répondais automatiquement « DRH comme papa ». Ça sortait tellement rapidement ! On aurait dit un automate. Il faut dire que je ne pensais absolument pas à mon avenir à cette époque. C’était donc la solution de facilité.

Ensuite, arrivée au lycée, là encore j’étais complètement paumée. Aucune envie de penser à mon futur travail ! Je voulais rester dans le présent, dans ma petite vie tranquille de jeune fille insouciante. Du coup, pour « mettre toutes les chances de mon côté », j’ai pris ES. Ces 4 ans (j’ai redoublé ma 2nde), m’ont été bénéfiques dans le sens où j’ai découvert des aspects de moi que je ne connaissais pas encore.

L’envie d’entreprendre, une créativité sans limite, un sens du commerce très développé. Mon envie de faire une école de commerce a été presque évidente (en même temps, c’était ça ou… rien parce que je n’avais pas d’autres idées).

Du coup, j’ai fait une école de commerce et de gestion (bon, la gestion on mettra ça entre parenthèses) en 3 ans. De là, j’ai découvert le marketing et la communication que j’ai souhaité approfondir. C’est à cette époque que j’ai décidé de quitter la Martinique pour faire une école de communication pour obtenir un master.

L’emploi pour toi, ça se passe comment aujourd’hui?

Je suis actuellement à mon compte, en portage salarial pour être complètement transparente. En 2014, j’ai créé un magazine en ligne qui s’appelle Les Pulpeuses. Il s’agit d’un magazine en ligne qui aide toutes les femmes (quelle que soient leur taille, âge, poids, couleur…) à assumer pleinement sa féminité, à se sentir belle et bien dans son corps, le tout au naturel. Une dizaine de professionnels travaillent avec moi pour proposer des conseils utiles et pratiques en termes de mode, de beauté, de bien-être, de lifestyle et mariage.

En parallèle, je suis consultante en marketing, communication et développement commercial. Il s’agit d’accompagner des entreprises (je privilégie les TPE) dans leur stratégie marketing et communication, de les aider à viser plus haut pour leur activité.

Aujourd’hui, je suis pleinement épanouie dans mes deux activités.

Et avant, tu faisais quoi?

J’ai 5 ans d’expérience en marketing et communication dans la grande distribution, la chimie, la banque, la pharmacie, la plasturgie, l’e-commerce. La moitié de mon expérience a été faite de CDD, ce dont je suis très heureuse car j’ai pu découvrir plusieurs secteurs, plusieurs aspects du travail en entreprise.

Juste avant de me mettre à mon compte, j’étais salariée d’un groupe de la région dans le domaine de la mode et du web.

Pourquoi ce(s) changement(s) ? Quel a été le « déclic » ?

Ce que je faisais n’est pas très éloigné de ce que je fais aujourd’hui, c’est juste que je touche à beaucoup plus d’aspects, vu que je suis seule à tout gérer. Cependant, ce qui change c’est que je me connais mieux, je connais mes points forts et mes limites et je n’ai plus peur d’en parler.

Le déclic qui m’a donné envie de tout arrêter, a été un burn-out. En 2013, lorsqu’on me propose un CDI dans cette « super grande boîte », j’étais pleine d’espoir. J’ai vite déchanté…

D’une part, je n’étais pas désirée par ma manager (on m’avait imposé à elle et je l’ai appris à mes dépends). De ce fait, pendant près de 3 ans (oui oui j’ai tenu longtemps !), j’ai littéralement vécu en enfer (rires). Aujourd’hui j’en rigole, mais quelques semaines avant de mettre fin à cette torture (que je m’infligeais au final), j’avais des envies suicidaires très fortes. Et ça, mes managers le minimisait, fermaient les yeux (je préfère croire encore qu’ils ne s’en rendaient pas compte).

Toutefois, j’ai ma part de responsabilités. Je voulais absolument me battre et prouver des choses à mes supérieurs. Grosse erreur, j’aurais dû arrêter les frais avant d’être atteinte moralement. J’ai accepté cet emploi parce que le salaire était intéressant, que cela allait « faire bien » sur le CV, qu’autour de moi on me disait « tu ne peux pas rater cette opportunité ».

J’aurais dû être plus à l’écoute de mes envies et de mes besoins. Les missions ne me branchaient pas trop, j’avais entendu des échos très négatifs et pourtant j’ai foncé tête baissée.

L’orientation scolaire, ça s’est passé comment pour toi ?

J’étais très insouciante avant d’arriver en Métropole et de m’installer seule, sans la famille. Je pensais au présent et peu à mon avenir professionnel. De ce fait, je me suis un peu laissée bercée par mes intuitions. J’ai toujours été moyenne, et je n’avais pas besoin de plus pour avancer car j’avais une très grande confiance en moi (et bizarrement en l’avenir).

Quels problèmes as-tu rencontrés à l’école ?

Selon mes professeurs, je ne me foulais pas trop.

Selon moi, je me donnais dans les matières qui m’intéressaient.

Pour le reste, je faisais le nécessaire. J’ai eu beaucoup de difficultés à l’école pour apprendre et restée concentrée. Je trouvais les cours ennuyeux et je n’avais absolument pas envie d’apprendre des cours par cœur. Les seules matières dans lesquelles j’étais bonne étaient l’anglais, le français, l’économie. Parce que j’ai eu des professeurs qui proposaient des cours différemment, pour qui l’école était un terrain de jeux et d’expérimentations. Au lycée, je regardais la série Friends en cours d’anglais. On regardait une petite partie d’un épisode et on débattait sur un sujet. J’avais de supers notes !

Et tes parents alors, ils étaient en accord avec tes choix/envies ?

Mes parents sont des personnes très patientes. Même s’ils ont parfois essayé de me guider, j’étais un petit cheval fou (rires), je n’en faisais qu’à ma tête ! Ils ont accepté quasiment tous mes choix et m’ont accompagnée comme ils le pouvaient.

Aujourd’hui encore ils participent (intellectuellement) à la vie de mon magazine. Mon père m’aide pour le recrutement, le management, et ma mère m’aide pour tout ce qui est prospection et développement commercial. J’ai une chance incroyable de les avoir tous les deux dans ma vie, ils me respectent, ils ne jugent pas mes choix.

Un mot à ajouter pour les jeunes d’aujourd’hui et leurs parents ?

Pour les jeunes, je leur dirais d’être bien à l’écoute de leurs envies. Qu’avez-vous réellement envie de faire plus tard? Oubliez les envies des parents, la pression de la société, écoutez-vous car vous êtes les solutions.

Apprenez à vous écouter et à faire confiance à votre jugement. Oui parfois, on se plante, on a mal ou on se mord les doigts. Mais la vie est faite de tout ça, et surtout la vie professionnelle. Vous avez toutes les ressources en vous pour être heureux et épanouis dans votre vie.

Parents, sachez que votre enfant n’est ni fou, ni bête. Il a besoin de vous pour l’épauler ou pour l’orienter s’il le demande. Mais la confiance et le respect sont la base selon moi. Je n’ai pas d’enfants mais j’ai été « jeune » (rires) et vous aussi. Souvenez-vous-en !

Laissez votre enfant la responsabilité de ses choix, même s’ils vous paraissent farfelus. Il peut se produire de si belles choses dans leur vie quand vos enfants se sentent entourés, compris, aimés et respectés.

 


Merci Stéphanie pour ce partage.

Vous aussi vous souhaitez témoigner?

Envoyez-moi un petit mot à contact@adequatmot.com !


Pour retrouver Stéphanie:

http://www.lespulpeuses.com

facebook.com/lespulpeuses/


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