Le pouvoir de la note…

le pouvoir des notes

La note aujourd’hui et depuis de nombreuses années, représente le pouvoir de l’enseignant, un pouvoir qui finit par être nuisible à tous les élèves.

Lors de la notation, le prof est considéré comme tout puissant et ce constat est toujours très mal vécu par les jeunes.

La société réclame le classement des individus : catégorie sociale, catégorie professionnelle, origines, niveau financier, âge… L’école ne fait pas exception. Les notes permettent de classer les élèves, souvent en trois catégories : les bons, les moyens et les mauvais.

Les méthodes d’évaluation apparaissent donc la plupart du temps comme une sanction destinée à classifier et à sélectionner encore.

Le système de notation finit par démobiliser une partie importante des élèves, ce qui crée un climat de rancune et d’agressivité et finalement génère et entretient un taux constant d’échec scolaire.

Inverser la tendance suppose non seulement une prise de conscience du dysfonctionnement, mais aussi et surtout la volonté clairement affichée de chercher des solutions autres pour l’éradiquer.

Il faut prendre conscience que : les notes, ce n’est pas tout !

Il y a surtout le travail en amont de l’évaluation ainsi que l’ensemble des acquis. Car oui, même si la note est « mauvaise », il y a au moins quelques acquis. Or, notre système scolaire annihile cela. Lorsqu’un jeune échoue à l’examen, il n’a aucune reconnaissance d’aucun acquis !

Certains parents qui demandent toujours plus et toujours mieux à leurs enfants, certains enseignants (pour ne pas dire beaucoup) et de nombreux élèves eux-mêmes, doivent apprendre à relativiser la note et à redonner toute son importance au travail et aux efforts qui ont été mis en place.

Des solutions existent afin de changer ce système d’évaluation et de stopper la perte d’estime de soi qu’il engendre.

L’objectif n’est pas de mettre des bonnes notes à tout le monde, non. L’objectif est de récompenser les élèves qui travaillent et de ne pas les piéger.

Une autre forme d’évaluation est possible, non chiffrée et basée sur la notion de progrès. Ainsi, sans notes, il n’y a plus d’échec scolaire. C’est une autre façon de vivre l’école, chacun à sa manière, chacun à son rythme, chacun encouragé et récompensé pour les efforts fournis.  Maria Montessori si tu m’entends… 😉

Dans certains pays, contrairement au nôtre, les élèves ainsi encouragés prennent confiance en eux et en leurs capacités.

Mais sans forcément abandonner les notes, il existe une pédagogie positive. Elle tient compte des efforts réalisés par l’élève avant-même que les progrès apparaissent. Ceux-ci sont reconnus et mis en évidence par l’enseignant. On évite ainsi le découragement de l’élève devant des résultats qui ne sont pas encore à la hauteur du travail fourni. Et on parvient, en l’encourageant à lui donner le goût de l’effort et du progrès.

C’est le principe d’une évaluation qui préfère révéler les progrès accomplis et le travail fourni, à l’inverse de celle qui s’acharne à relever les erreurs.

On évalue l’élève sur ce qu’il sait plutôt que sur ce qu’il ignore.

Ce que tous les enseignants attendent de leurs élèves, c’est qu’ils développent des connaissances et fassent des progrès. Cependant le système de notation actuel est en totale contradiction dans la mesure où il est axé sur les performances et non sur les compétences. De ce fait, les élèves développent des stratégies de calcul de points plutôt que d’apprentissage des savoirs.

Si un jour un changement de pédagogie est réellement envisagé, il faudra veiller à la mise en place de conditions nécessaires à la réussite du projet, telles qu’une modification du mode de recrutement et de formation des enseignants.

En effet, si aujourd’hui les enseignants mettent des notes, c’est qu’ils ne savent pas comment faire autrement. De nombreux jeunes profs ont la volonté de faire changer les choses mais il est impossible de mettre en place seul un nouveau système d’évaluation et tout aussi compliqué à assumer face aux collègues qui ne voient absolument pas pourquoi on viendrait bousculer leurs pratiques en place depuis si longtemps et qui après tout, ne fonctionnent pas si mal…

La résistance au changement est un problème majeur chez les profs. Si vous saviez le nombre de fois où j’ai pu entendre : « c’était mieux avant !»… Enfin…, ceci est un autre sujet.

Vous comprenez pourquoi il me tient à cœur de travailler sur l’orientation scolaire et professionnelle en oubliant un peu les notes et en me concentrant bien davantage sur le jeune lui-même, ses envies, ses qualités, ses talents !


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