Isabelle, entre sciences, vente et transmission des savoirs

Voilà aujourd’hui le tout premier portrait d’une longue série.

Un énorme merci à Isabelle d’avoir accepté mon invitation à témoigner.

J’ai découvert une personne passionnée, volontaire et désireuse d’accompagner l’autre.

 

Un parcours très intéressant, loin d’être un long fleuve tranquille…

Belle découverte!


photo INarboni

Parle-nous de toi, qui es-tu ?

Isabelle Narboni, fille de parents « pieds noirs » (Français nés en Algérie Française avant la guerre), qui se sont « reconstruits » en France, avec les études terminées par mon père en France : 12 ans au total pour devenir Neuropsychiatre.

L’environnement de mes parents: c’étaient des notables. Médecin de père en fils pour mon père, et fille de proviseur de Lycée pour ma mère qui a presque terminé ses études pour être Dentiste mais n’a pas exercé.

L’environnement d’éducation a été difficile : étant la 1ère, on a tout misé sur moi / ma sœur de 3 ans de moins que moi. Je devais réussir coûte que coûte ! Je devais montrer l’exemple même sous la contrainte : ce qui a fait que je suis devenue « rebelle ». Et l’apparence « extérieure » vis-à-vis de la société était très importante pour mes parents. Un père passionné par son travail, souvent absent, et une mère au foyer débordée par ses hobbies : j’ai eu des nourrices pendant ma jeunesse pour me garder.

Quel(s) diplôme(s) possèdes-tu aujourd’hui? Comment s’est déroulé ton parcours scolaire ?

Un parcours scolaire où on me demandait d’avoir les meilleures notes, où je révisais sous le contrôle de ma mère avant le collège et avec des remarques pour les mauvaises notes… Aussi très vite, j’ai appris à encaisser et à me forger un caractère.

Le 1er échec a été le BAC D (biologie) que j’ai loupé de quelques points : j’avais beaucoup révisé, avec difficultés pour tout mémoriser, et j’étais de niveau moyen en général. Mes parents m’ont critiqué et cela a été très dur de recommencer la même année de Terminale car je voulais partir ailleurs, quitter ma famille, pour les études supérieures. J’ai obtenu le BAC D la 2e fois au rattrapage. Je me suis battue pour ne pas faire Médecine (ne pas surtout aller à la FAC ! et se perdre sans avoir de suivi…), et revendiquer l’IUT de Biologie auprès de mon père qui a finalement cédé (encadrement de l’IUT avec classe à taille humaine).

Je suis enfin partie de ma famille pour réussir finalement à décrocher mon DUT Biologie en Agro Alimentaire. Je voulais devenir Ingénieure en Nutrition et Alimentation à l’ENSBANA mais il fallait être major de promo, et retenu sur sélection…donc mon rêve est retombé.

Aussi, après réflexion sur ma carrière probable de Laborantine qui ne m’enchantait pas plus que cela, je me suis dit pourquoi ne pas essayer la « vente » ? Un secteur toujours demandeur, avec le contact avec des personnes (et non plus des microbes 😉 ) aussi cela me tentait !

J’ai trouvé une formation en 1 an (avec des stages en entreprise à trouver) à Jouy en Josas, et j’ai appris le métier qui m’a finalement beaucoup plu (mais pas à mes parents !).

Après 17 ans de carrière en tant que chargée de clientèle chez Unilever (et oui, j’ai quand même réussi à rentrer dans une grande entreprise !), où j’ai accompagné en « transverse » les collaborateurs sur le changement avec les outils numériques, j’ai décidé en 2006 de me reconvertir dans la formation et de devenir indépendante.

Depuis cette date, j’ai fait diverses missions, et j’ai décidé en 2009 de monter d’un cran pour obtenir un BAC + 4 : un titre de responsable en Ingénierie de formation pour valider mon expertise, et prendre de la hauteur sur le métier.

L’an dernier, j’ai voulu monter encore d’un cran pour un Mastère spécialisé à la Skema : le problème a été de trouver une entreprise pour me prendre en alternance en contrat de professionnalisation…. Après 6 mois de démarches, j’ai décidé de me débrouiller seule pour apprendre à digitaliser mes formations (et j’ai trouvé dans mon réseau des entrepreneurs pour m’accompagner).

Quels problèmes as-tu rencontrés à l’école ?

J’étais mieux à l’école que chez moi car la vraie vie sociale, avec des personnes authentiques de tous les milieux, je l’ai trouvée dans mes rencontres d’écoles.

Les problèmes viennent surtout de la pédagogique descendante de certains profs qui ne se préoccupaient pas de savoir si on avait compris, ni de nous demander notre avis.

L’orientation scolaire, ça s’est passé comment pour toi ?

Comme tu as pu le découvrir, pas du tout comme j’aurai voulu ! Mes parents voulaient m’imposer ce qu’ils avaient projeté pour moi !

Et moi j’ai suivi mes aspirations, mon instinct et je m’en suis sortie finalement en faisant ce qui me plait !

Et tes parents alors, ils sont en accord avec tes choix/envies ?

Très rarement j’ai eu des compliments : je suis partie à 18 ans parce que je voulais ma liberté, mon indépendance, et que je n’avais pas d’aide de leur part.

Puis les contacts sont devenus de plus en plus distants.

Ton avenir professionnel, tu le vois et tu le veux comment ?

Je le construis au fur et à mesure, avec mes rencontres réseaux inspirantes et la veille que je fais en permanence.

Actuellement, je suis dans la phase « e learning, digitalisation de ma formation, réapprendre à transmettre le savoir avec d’autres outils, etc…

Ma passion c’est d’accompagner les personnes dans leurs apprentissages, leurs connaissances, leurs compétences…et surtout qu’elles trouvent du plaisir dans ce qu’elles découvrent !

Un mot à ajouter pour les jeunes d’aujourd’hui et leurs parents ?

Etant maman d’un jeune de 18 ans, ayant eu la chance d’accompagner des apprentis et de connaitre le secteur de la formation, il est bien accompagné. Je ne lui ai jamais imposé quoi que ce soit : il s’est guidé lui-même avec sa personnalité, les échanges que l’on a eu avec son père, ses amis. Il a découvert le monde de l’entreprise cet été, il observe et nous échangeons.

Ce qu’il a compris, c’est qu’il y a plusieurs chemins dans une vie, et que notre parcours évolue avec nos envies, notre motivation. L’échec aussi est un facteur pour rebondir !


Quel formidable message d’un parent à son enfant…

L’essence même de ce que je souhaite transmettre grâce à ces témoignages! Merci Isabelle.

 

Vous aussi vous souhaitez témoigner?

Envoyez-moi un petit mot à contact@adequatmot.com !


Pour retrouver Isabelle:

https://www.linkedin.com/in/isabellenarboni

http://fr.viadeo.com/fr/profile/isabelle.narboni

 


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s