Focus sur la Voie Professionnelle

La voie professionnelle, pour faire opposition à la voie générale, continue à souffrir d’un déficit d’image important.

Alors que le lycée professionnel fête ses 30 ans, peut-être est-il temps de considérer aussi cette voie comme celle de la réussite

Changer le regard

L’éducation nationale en ce moment affiche de plus en plus ouvertement sa volonté de valoriser la voie professionnelle. Trois mesures phares ont été annoncées pour la rentrée 2017 :

  • Création de 1000 postes d’enseignants
  • Labellisation de 10 nouveaux campus des métiers pour répondre aux besoins de recrutements des secteurs économiques
  • Instauration du « droit à l’erreur » pour permettre une orientation réversible

Malgré cela, aujourd’hui, cette voie est encore perçue, au mieux comme un choix par défaut, au pire comme une filière pour « les nuls ».

Les préjugés ont la vie dure. Les croyances persistent. Surtout en France, pays dont le système éducatif est largement construit sur l’élitisme.

La voie professionnelle étant reléguée au second plan, à l’arrivée on y trouve des élèves en difficulté, systématiquement orientés vers le lycée pro. C’est bien là la photographie d’une orientation davantage subie que choisie. La voie professionnelle est donc considérée, par mépris ou méconnaissance, comme celle de l’échec.

Et lorsque des élèves ayant de bons résultats font le choix de s’orienter dans une filière professionnalisante, ils en sont très fortement dissuadés.

Une réalité différente

La réalité sur le terrain est parfois nuancée. Certaines filières manquent de places pour accueillir tous les candidats y postulant. Cela signifie que tous les élèves ne subissent pas leur orientation. Heureusement. Certains s’y investissent, s’y épanouissent et y trouve un chemin vers la réussite scolaire et l’insertion professionnelle à succès. N’oublions pas que le bac pro  a de la valeur sur le marché du travail, alors que ce n’est pas le cas du bac général.

L’importance de l’orientation

Reste un inconvénient de taille : comment choisir sa voie professionnelle à seulement 14 ou 15 ans ? Et si le jeune se trompe en se dirigeant vers un secteur qui ne correspondant pas en réalité à ce qu’il imaginait ?

Au lycée pro, un élève peut changer d’avis et ne pas se sentir à sa place dans la filière où il s’est inscrit. Ce n’est pas une fin en soi. Il n’est pas condamné à y rester. Il pourra retravailler son orientation avec l’équipe pédagogique et éventuellement faire des immersions dans d’autres spécialités professionnelles, le temps de découvrir ce qui lui convient le mieux.

C’est également le principe de la classe de seconde globale dont nous parlions ici.

Il s’agit d’un « sur-mesure » qui mérite d’être connu. En effet la voie professionnelle diffère de la voie générale par bien des aspects : une partie des enseignements est professionnalisante, une période se déroule en entreprise et enfin les méthodes d’enseignement différentes face à des élèves abîmés par l’école.

Le travail de l’équipe pédagogique

Nombre des jeunes présents dans ces filières pensent ne rien valoir. Il faut donc beaucoup d’ingéniosité, de motivation et de créativité aux équipes pédagogiques pour remobiliser les élèves, leur redonner confiance et envie d’avancer et d’apprendre. Les partenariats avec les entreprises jouent également un grand rôle. Pour que ça fonctionne avec ces élèves, il faut qu’ils soient acteurs ! Il y a beaucoup de travail en équipe, sur des projets mêlant plusieurs disciplines à la fois.

Les efforts de chacun aboutissent à l’obtention d’un savoir-être et d’un savoir-faire transférables au monde du travail, tout comme à la poursuite d’études supérieures. Terminé le temps où l’on pensait qu’après un bac pro aucune suite scolaire n’était possible. Les parcours post-bac aujourd’hui sont multiples pour ces élèves.

En revanche un travail est encore à construire pour amener les enseignants du supérieur à intégrer les bacheliers pro en tenant compte de leurs spécificités et leurs compétences. Ces professeurs ont encore trop tendance à se concentrer sur ce que ces élèves ne savent pas faire, plutôt que sur tous les points où ils sont en avance comparés à leurs camarades bacheliers généraux.

Les élèves qui viennent de la voie professionnelle ont besoin d’une pédagogie adaptée et d’un accompagnement continu pour faciliter leur intégration.

Il reste encore beaucoup à faire pour redorer le blason de la voie professionnelle, tant auprès des enseignants de collèges, des professeurs du supérieur, ainsi que des élèves et de leurs parents.

Nul doute que les parcours de réussite des bacheliers professionnels y parviendront, petit à petit, un pas après l’autre…


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